Mes avis littéraires

011/2026 : Le festin des silences de Mathilde du Val

Le festin des silences de Mathilde du Val
Publié en Autoédition
Sortie le 25 novembre 2025
212 pages.

** Résumé : **

Un réveillon de Noël. Trois femmes. Une famille en apparence parfaite.
Une morte. Un héritage toxique. Un canapé vert qui a tout vu.
Un thriller psychologique où le silence murmure qu’il est déjà trop tard.

Dans cette vieille maison familiale, on dresse la table, on sourit, on trinque.
Mais les souvenirs grattent sous la peau. Les secrets s’immiscent entre les couverts.
Ce soir, on chuchote pour ne pas réveiller les fantômes… pourtant, ils sont déjà là.

Deux adolescentes cherchent à comprendre.
Une vieille femme tente d’oublier.
Et la morte… continue de tout orchestrer.

Derrière la chaleur du réveillon, le silence devient un murmure oppressant — un souffle retenu, une emprise invisible.
Car ici, l’héritage n’est pas seulement matériel : il se transmet comme une cicatrice… comme une sœur qui veille, ou un frère qui juge — jusqu’à la dernière respiration.

Héritage empoisonné, murmures de famille, huis clos psychologique et poids du silence.
Un roman à l’atmosphère intime et tendue, où chaque souffle devient suspect.

** Mon ressenti : **

Vous pensiez assister à un repas de Noël familial traditionnel, chaleureux et rassurant, où les sourires masquent les tensions ordinaires et où l’on partage bien plus que des plats soigneusement préparés ? Détrompez-vous. Nous en sommes à des années-lumière. Ici, il n’est pas question de célébration, mais d’un règlement de comptes brutal, où les vérités éclatent sans filtre — et où elles sont loin d’être bonnes à entendre.

Dès les premières pages, l’autrice nous plonge dans une atmosphère lourde, presque suffocante. Une tension sourde s’installe et ne cesse de croître. On sent que quelque chose va se fissurer, que les apparences ne tiendront pas longtemps. Et lorsque tout commence , le malaise devient palpable. On ne lit plus seulement : on encaisse.

Le récit oppose deux clans nettement dessinés. D’un côté, les hommes de la famille. Odieux, infâmes parfois, ils étalent sans pudeur des propos d’une violence glaçante envers la gent féminine. Leur manière de parler des femmes — et plus encore de leurs propres filles — heurte, choque, révolte. Leurs paroles sont des armes, leurs silences des complicités.

De l’autre côté, les jeunes filles. Celles que l’on voudrait faire taire. Celles que l’on sous-estime. Elles incarnent la résistance, la dignité, la force fragile mais tenace. Face aux humiliations, face aux non-dits, face à la brutalité — qu’elle soit verbale ou plus insidieuse — elles tiennent. Elles plient parfois, mais ne rompent pas. Leur courage devient le véritable cœur battant du roman.

Ce texte est dérangeant. Profondément. Il met mal à l’aise parce qu’il touche juste. Parce qu’il met en lumière ces violences familiales que l’on préfère ignorer pour préserver une image, une réputation, une prétendue harmonie. Il montre ce cercle familial qui, sous couvert de respectabilité, étouffe les vérités et impose le silence. Ici, parler est un acte de rébellion.

Ce roman est un coup de poing. Un coup porté au mythe de la famille unie à tout prix. Un coup porté aux traditions derrière lesquelles on se cache pour ne pas voir l’inacceptable. Il m’a mise à rude épreuve, m’a parfois donné envie de détourner le regard — mais impossible de refermer le livre. Parce que cette violence, aussi difficile soit-elle, est racontée avec une intelligence remarquable.

La plume de l’autrice est à la fois fluide et incisive. Elle avance avec finesse, puis frappe au moment précis où l’on s’y attend le moins. Chaque mot semble pesé, chaque scène construite pour nous obliger à ressentir, à réfléchir, à nous positionner.

C’est un roman dur, sans concession, qui remue profondément. Un roman qui dérange autant qu’il marque. Et je sais déjà qu’il ne me quittera pas de sitôt.

Merci à l’agence de Julie et à l’autrice pour leurs confiances et l’envoi du service de presse.

La fée Bleue

Bloggeuse littéraire

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