COMMANDANT FRANCOIS CHANEL de Pascal MARMET
Publié chez M+ éditions
Sortie le 30 janvier 2025
231 pages.
** Résumé : **
Un écorché vif d’à peine 18 ans se retrouve malgré lui au coeur d’une affaire criminelle dont il a été le témoin « sans le savoir ». Dans chaque seconde de chaque minute de cette intrigue étranglée de noeuds, tout concourt à accuser ce gamin crédule du meurtre d’une riche propriétaire collectionneuses d’objets occultes.
Il faudra tout le talent d’un commandant jazzman devenu culte pour confondre le vrai tueur. L’auteur nous plonge, une fois encore, dans la singularité de l’ex-brigade criminelle du 36 quai des Orfèvres désormais locataire de la rue Bastion à Paris.
L’excellence d’un polar réside souvent dans un parfait alignement des planètes où atmosphère, intrigue et procédure se jouent d’une vérité invisible à l’oeil nu. Avec un détour inéluctable, ce polar « à la Maigret » se moque des règles et n’en suivra qu’une : l’impossibilité de lâcher ce drame humain avant la révélation finale. Un polar haletant sur fond de sorcellerie qui nous dévoile les coulisses de la gare de Lyon et nous ouvre les portes du célèbre 36 quai des Orfèvres.
** Mon ressenti : **
Avec ce roman, je découvre la plume singlante, incisive et terriblement efficace de Pascal Marmet. Dès les premières pages, l’auteur nous happe et nous entraîne au cœur d’une enquête aussi fascinante qu’intrigante. Impossible de rester simple spectateur : on avance aux côtés des enquêteurs, on émet des hypothèses, on doute, on se trompe et l’on se laisse manipuler avec un plaisir coupable.
Chaque personnage bénéficie d’une construction soignée et d’une véritable profondeur psychologique. Aucun ne semble être là par hasard, chacun apporte sa pierre à l’édifice et contribue à entretenir le mystère. Quant au commandant Chanel, il ne m’a pas laissée indifférente. Si son caractère peut paraître rude, bourru et parfois même un peu macho au premier abord, on découvre peu à peu les failles qui se cachent derrière cette façade. Cette complexité le rend finalement très attachant et profondément humain.
L’un des grands points forts de ce roman réside également dans le réalisme de ses procédures d’enquête. En tant qu’amatrice de polars, j’apprécie particulièrement lorsque l’aspect policier est traité avec sérieux et crédibilité. Ici, l’auteur maîtrise parfaitement son sujet et cela apporte une véritable immersion au récit.
J’ai également été séduite par l’atmosphère singulière qui se dégage de l’histoire. L’univers lié à la sorcellerie et aux arts africains apporte une dimension originale et captivante qui distingue ce polar de nombreuses autres lectures du genre. Cet aspect confère au récit une richesse supplémentaire et nourrit une tension permanente, où le rationnel et les croyances semblent parfois se répondre.
Le suspense est remarquablement maîtrisé. À mesure que les pages défilent, les certitudes s’effondrent les unes après les autres. L’auteur s’amuse avec son lecteur, brouille les pistes, sème de faux indices et nous pousse sans cesse à revoir notre jugement. Jusqu’au bout, il conserve la main et nous entraîne dans un véritable jeu de dupes dont il connaît seul les règles.
Vous l’aurez compris, cette lecture a été une très belle découverte. Un polar intelligent, addictif et parfaitement rythmé, qui m’a tenue en haleine du début à la fin. Une chose est certaine : je referme ce livre avec l’envie irrésistible de découvrir d’autres romans de Pascal Marmet. Une plume que je compte désormais suivre de très près.
Merci à l’auteur pour sa confiance et l’envoi du service de presse.

