HENRI de Colette HOORNAERT
Publié aux éditions CORYPHÈNE
Sortie le 18 Février 2022
283 pages.
** Résumé : **
Le personnage de Julie créé par Colette Hoornaert, l’héroïne de son premier roman (« Julie », Editions Coryphene 2020), demeure le fil conducteur de cette histoire. On se souvient de la vive réaction de cette dernière après avoir lu une lettre d’Henri son époux qui l’a beaucoup surprise et surtout irritée. Non seulement cette missive n’annonçait pas son proche retour mais Henri lui demandait de venir le rejoindre avec ses enfants sur cette île lointaine, la Nouvelle-Calédonie.
Son refus immédiat fut définitif. Après de nombreuses et fructueuses recherches sur l’archipel, l’autrice a su se replonger dans la vie du couple et de leur famille. Comprenant la décision de cette femme courageuse et attachante, une vraie battante, elle a eu plaisir à la retrouver par le biais de l’écriture. Mais cette fois-ci elle s’est davantage concentrée sur la vie d’Henri, en s’attachant à découvrir et comprendre ses réelles motivations pour justifier une séparation d’une quarantaine d’années.
Ce récit, poignant de vérité, continue à montrer le combat d’une femme peu résignée à accepter son rôle imposé par l’homme dominateur et possessif. Elle refuse de vivre dans l’ombre de ce dernier et estime avoir le droit d’exister à part entière.
** Mon ressenti : **
Après l’immense coup de cœur que fut Julie, c’est avec une impatience fébrile que je me suis plongée dans ce second roman… et quelle lecture !
Cette fois-ci, l’autrice opère un basculement audacieux : elle choisit de donner la parole à Henri, le mari de Julie. Parti en Nouvelle-Calédonie dans l’espoir de redresser une situation financière compromise par ses dettes, il s’éloigne autant géographiquement que moralement de sa famille. Ce choix narratif apporte une profondeur nouvelle au récit, en nous offrant un regard croisé, presque frontal, entre deux existences que tout oppose désormais.
D’un côté, Julie, pilier inébranlable, femme forte et courageuse, qui avance malgré les tempêtes pour ses enfants. De l’autre, Henri, figure fuyante, profondément égoïste, qui semble incapable de regarder au-delà de lui-même. Ce contraste saisissant nourrit toute la tension du roman et rend la lecture particulièrement captivante.
La plume de l’autrice, toujours aussi fluide, élégante et terriblement addictive, nous emporte sans effort. Elle tisse avec finesse un récit à deux voix, alternant entre ces trajectoires divergentes, sans jamais perdre en intensité. Chaque chapitre agit comme un miroir déformant de l’autre, révélant les failles, les silences et les choix qui ont façonné cette famille.
Mais ce qui marque surtout, c’est la justesse avec laquelle les personnages sont construits. Aucun n’est laissé au hasard : ils sont complexes, profondément humains, parfois dérangeants, souvent bouleversants. Henri, en particulier, ne cherche pas à plaire — et c’est précisément ce qui le rend si intéressant.
Ce roman vient refermer la boucle avec une grande justesse émotionnelle. Il éclaire, nuance, et parfois bouscule le regard que l’on portait sur cette famille découverte dans le premier tome. Et une chose est certaine : ce coup de cœur initial s’est transformé ici en véritable attachement durable.
Une lecture forte, immersive, et résolument marquante. COUP DE COEUR !!!!
Je tiens à remercier les éditions CORYPHÈNE pour leur confiance et l’envoi du service de presse.

